La vengeance de Voldemort

 

Chapitre 23 : Discussion

 

Plusieurs jours étaient passés. Les journées passaient rapidement, dans la joie et la bonne humeur, partagées entre les jeux dans la Salle Commune, les petits matchs de Quidditch, mais aussi...des devoirs. Harry voyait bien que ses amis se donnaient du mal pour lui changer les idées. Si bien qu’il s’efforçait de faire bonne figure, devant ses amis. Mais, il n’en restais pas moins préoccupé. Hermione passait une bonne partie de ses journées, consacrées à des recherches, dont elle refusait d’en parler à ses amis, à la bibliothèque, tandis que Ron et Harry restaient avec les autres Gryffondor.

 

            Ron et Harry avaient trouvés, depuis le début de l’année, une nouvelle occupation qui consistait à dresser Coq. Les premiers essais s’étaient révélés laborieux. Ils étaient plus souvent obliger de lui courir après que de le dresser, à la plus grande irritation des autres hiboux de la volière, qui observaient d’un air dédaigneux, le manège. Finalement, après trois mois de travail, Hedwige, qui perdait rapidement patience devant le ridicule Coq, s’était habituée à l’intercepter, si bien que Coq, lassé de se faire attraper par Hedwige, se rendait, à présent, sans discuter.

 

            “- On commence à en obtenir quelque chose, au moins ! soupira Ron, alors que tous les deux marchaient vers la volière.

 

             - C’est pas trop tôt ! Maintenant, il ne restera plus qu’à lui faire perdre cette manie de se faire annoncer et à foncer sur les gens ! remarqua Harry. Tu sais, quand tu m’a écrit, avant de venir me prendre chez les Dursley, cet idiot est aller se fracasser sur l’oncle Vernon, qui était déjà furieux.

 

             - Quel abruti, celui-là ! Franchement, je me demande ce que je vais en faire, de Coq. Il ne fait que des bêtises ! marmonna Ron. C’est désespérant ! Enfin, maintenant, on n’a plus besoin de lui courir après, c’est déjà ça !

 

             - Mais comme tu ne lui as pas fait répéter les exercices depuis le début des vacances de Noël, il y a de fortes chances pour que Coq recommence son manège ! observa Harry, en ouvrant la porte donnant à la pièce circulaire. Oh ! Oh !

 

             - Quoi “Oh ! Oh !” ? s’inquiéta Ron, en entrant à son tour dans la pièce.

 

             - On risque d’avoir un problème pour le faire répéter car ni Coq, ni Hedwige, ne sont là ! expliqua Harry. C’est bizarre, ça ne ressemble pas à Hedwige de sortir en plein jour, quand elle n’a pas de courrier à apporter !

 

             - Ils sont peut-être allés chasser ? suggéra Ron, en haussant les épaules.

 

             - En plein jour ? rétorqua Harry, sceptique. Et surtout qu’elle soit partie avec Coq...?

 

             - Qui te dit qu’ils sont partis ensemble ? remarqua Ron.

 

             - Je sais pas !

 

             - Il y a un moyen tout simple de le savoir, c’est d’aller voir Hagrid ! Comme il est toujours dans le Parc, il y a des chances pour qu’il ait vu l’un ou l’autre de nos hiboux ! On va le voir ?

 

             - Allons-y !”

 

            Tous deux ressortir de la volière et prirent le chemin du Parc. Ils évitèrent Peeves qui essaya de les bombarder de craies et sortirent rapidement du château et traversèrent l’étendue enneigée du Parc, jusqu’à la cabane de Hagrid, où Crockdur, le molosse de Hagrid, somnolait devant la porte

 

            “- Bonjour Hagrid ! le saluèrent-ils en le rejoignant dans son potager.

 

             - Salut tous les deux ! Tiens, Hermione n’est pas avec vous ? demanda Hagrid, en cessant de déneiger, inutilement d’ailleurs, son potager.

 

             - Non ! Elle travaille ! remarqua Ron.

 

             - Hum ! Alors, vos vacances se passent bien ?

 

             - Très bien ! répondit Harry. Aujourd’hui, on comptait reprendre le dressage de Coq, le hibou de Ron, mais on ne sais pas où il est ! Ni Hedwige non plus, d’ailleurs ?

 

             - Ah bon ? Vous ne les aviez pas envoyer chercher du courrier ?

 

             - Non ! Pourquoi, vous les avez vu ?

 

             - Pour sûr que je les ai vus ! Vos deux chouettes sont passés par là, il y a...un peu plus d’une semaine. Mais, les voyant partir ensemble, je pensais que vous les aviez envoyer porter du courrier !

 

             - Ah ! Ben, merci du tuyau ! Au fait, pourquoi vous dégagez votre potager alors que, à tous les coups, il va neiger ce soir ?

 

             - Comme ça ! Je vous offre quelque chose à boire, à manger ?

 

             - Non ! Non ! C’est bon ! On vient juste de sortir de table ! assura Ron, en claquant des dents.

 

             - Vous feriez mieux de rentrer au château, ou vous allez prendre froid ! Quelle idée de sortir dehors, en plein hiver, sans cape ?” observa Hagrid, en les fixant.

 

            En effet, ni Ron, ni Harry n’avaient pensé à prendre leur cape avant de sortir dans le Parc. Tous deux approuvèrent, saluèrent Hagrid, et reprirent le chemin du Parc.

 

            Les deux amis sursautèrent soudain lorsque Hedwige, surgissant de nulle part, vint se poser sur l’épaule de Harry tandis que Coq (les plumes toutes ébouriffées), à la stupeur des deux amis, venaient se poser sur l’épaule de Ron.

 

            “- Eh bien ! En voilà un hasard ! remarqua-t-il. Où étiez-vous passés, tous les deux ?

 

             - Hé, Ron, au lieu de sermonner Coq, tu n’as pas remarqué quelque chose ?

 

             - Non, quoi ?

 

             - Ben, le silence ! D’habitude, on entend Coq de loin ! Tandis que là, on ne l’a pas vu venir ! remarqua Harry, dont Hedwige mordillait l’oreille. Arrête Hedwige ! Fait pas ça, s’il te plaît !

 

             - Ah oui ! C’est vrai, ça ! s’exclama Ron. Coq devient un véritable hibou postal ! s’enthousiasma-t-il en prenant Coq (qui hulula fièrement) dans ses mains.

 

             - Eh ! Il a un message ! observa Harry, en désignant l’un des pattes de l’animal. Retourne à la volière, Hedwige, d’accord ?

 

             - Ah oui, tiens c’est vrai ! approuva Ron, en détachant le message de la patte de Coq, qui resta bien sage. Et bien ! Je vais de surprise en surprise, aujourd’hui ! ajouta-t-il, alors que Coq et Hedwige repartaient en direction de la volière. Eh, Harry, c’est pour toi ?

 

             - Pour moi ? s’étonna ce dernier. Mais ça n’a pas de sens ! Si quelqu’un avait voulut m’écrire, il aurait plutôt confié la lettre à Hedwige, non ?

 

             - Peut-être ! Mais ton nom y est écrit noir sur blanc !” rétorqua Ron en lui tendant le papier.

 

            Harry, ayant déplié la lettre, commença sa lecture, mais s’interrompit brusquement.

 

            “- Harry ? Qu’est-ce qu’il y a ? s’étonna Ron.

 

             - Allons chercher Hermione ! répondit Harry, en mettant le papier dans sa poche et se dirigeant vers le château.

 

             - C’est de qui ? demanda Ron, en lui emboîtant le pas, intrigué.

 

             - Sirius !” répondit Harry.

 

            Dix minutes plus tard, Ron et Harry avaient retrouvés Hermione dans la bibliothèque et, tous les trois, étaient assis dans la volière, adossés à l’un des mur de pierre.

 

            “- Sirius ? s’étonna Hermione.

 

             - Oui ! répondit Harry, ressortant la lettre de sa poche.

 

             - Mais, je croyais que...! commença Hermione.

 

             - Je sais que ça peut paraître bizarre, mais pourtant...! intervint Harry.

 

             - Mais comment Hedwige et Coq ont-ils pu les trouver ? s’étonna Ron.

 

             - Je sais pas ! Mais une chose est sûre, vous avez les hiboux les plus intelligents que je connaisse ! remarqua Hermione. Hedwige a dû se rendre compte que quelque chose n’allait pas. Depuis l’année dernière, elle avait prit l’habitude de faire des aller-retour pour envoyer des lettres à Sirius et là, brusquement, elle n’avait plus rien à faire ! Alors, elle a fait son boulot toute seule ! Elle est partie, accompagnée de Coq ! Coq a dû trouver un passage par où il pouvait passer, mais pas Hedwige...!

 

             - Et ben, tu ne manque pas d’imagination ! l’interrompit Ron. Mais, tu as sûrement raison ! Et alors, qu’est-ce qu’il dit ? ajouta-t-il à l’adresse de Harry.

 

             - Ceci !” répondit Harry, avant de commencer à lire la lettre à ses deux amis, après s’être assuré que personne ne traînait dans les environs, au risque d’entendre ce qu’ils disaient.

 

                        Harry,

            Je ne sais pas comment vos chouettes ont réussies à nous trouver, mais elles sont très malignes ! Je n’ai pas le temps de tout t’expliquer ! Mais je veux que tu me promettes que, quoi qu’il arrive, tu ne tentes rien ! Voldemort retrouve ses pouvoirs plus vite que ne le pense Dumbledore ! Reste à Poudlard, tu y seras plus en sécurité !

                        Sirius.”

 

            Un moment de silence s’abattit sur les trois amis.

 

            “- Harry ? Tu devrais montrer ça à Dumbledore ! intervint Hermione, au bout d’un moment.

 

             - Ouais, c’est ce que je vais faire ! répondit Harry, en se levant.

 

             - Harry, on t’attendra dans la Salle Commune !” le prévint Ron, tandis qu’il quittait la pièce.

 

            Pourtant, Harry n’alla pas directement au bureau de Dumbledore. Il descendit dans le hall, sortit du château et s’assis sur les quelques marches recouverte de neige, ou de ce qu’il en restait après avoir été piétinée, menant à l’entrée. Songeur, il resta longtemps immobile, dans l’ombre du château, ignorant le vent glacial qui soufflait.

 

            “Tu m’as l’air bien songeur, Harry !”

 

            Harry sursauta. Il n’avait entendu personne arriver, plongé comme il était dans ses pensées. Il se retourna et se retrouva face à Dumbledore, qui s’assit à son tour sur les marches, à côté de Harry.

 

            “- Tu as un problème ? lui demanda-t-il d’une voix douce.

 

             - Non ! Enfin, si ! avoua Harry.

 

             - Tu te fais du soucis pour les prisonniers, n’est-ce pas ?

 

             - C’est de ma faute s’ils se retrouvent entre les mains de Voldemort ! Si je n’avais pas été là, jamais Pettigrow n’aurait pût rejoindre son maître et jamais il n’aurait pût aider Voldemort à retrouver son corps et Cédric serait encore vivant ! Tout ça, c’est de ma faute !

 

             - Harry ! Tu n’y est pour rien dans tout ce qui arrive ! Si tu n’avais pas été là, comme tu dit, Voldemort serait beaucoup plus puissant, à l’heure qu’il est ! N’oublie pas que tu as sauvé de nombreux innocents ! Et puis, maintenant, il peut être éliminé !

 

             - Ah bon ? Pourquoi ça ?

 

             - L’année dernière, quand il a “ressuscité” et qu’il a rassemblé ses Mangemorts, tu m’as dit que Voldemort avait expliqué à ses Mangemorts qu’il avait privilégié la récupération de son corps de mortel, avant de redevenir immortel. Or, même pour Voldemort, de tels travaux demandent de nombreuses années de travail. Donc, ça nous laissera le temps de l’éliminer, et cette fois, définitivement. Mais Harry, je dois te rappeler que tu n’as pas la partie facile ! Voldemort est un grand adversaire qui t’en veut particulièrement car tu es un obstacle sur le chemin le ramenant au pouvoir ! En tout cas, quoi que tu en pense, tu as fait preuve de courage, et de bonté, en sauvant la vie de Peter ! Il a, comme je te l’ai déjà dit, une dette envers toi !

 

             - Mais il n’a pas l’air d’en tenir trop compte !

 

             - Met toi à sa place ! Il est effrayé par Voldemort et il ne lui obéit que pour éviter des représailles. Voldemort est très dur envers les Mangemorts qui le trahissent. Ecoute, Harry, je sais que tu en as assez de l’entendre, mais, ne tente rien pour l’instant. Laisse Voldemort venir, lui-même, te chercher ! Il n’osera pas s’en prendre à toi, tant que tu seras à Poudlard ! Il attend son heure ! Mais il n’est pas très patient ! Avant la fin de l’année, il est certain qu’il tentera quelque chose, ici ! Alors, pour l’instant, le mieux à faire, c’est d’attendre qu’il attaque pour répliquer !

 

             - Oui, mais plus on attend, plus il retrouve ses pouvoirs, non ?

 

             - Ce que tu dis est exact, mais, si on le combat sur son propre terrain, il aurait quand même assez de force pour que le combat tourne à notre défaveur, tandis que si on l’attire ici, à Poudlard, on aurait un peu l’avantage de... “l’équipe à domicile” !

 

             - D’accord ! Mais rien ne prouve qu’il attaquera cette année, non ?

 

             - Oui, c’est une autre possibilité ! Mais je le connais suffisamment bien pour savoir qu’il tentera bientôt quelque chose pour te pousser à sortir de Poudlard ! Sinon, pourquoi tous ces enlèvements ? Pourquoi cet avertissement, le soir d’Halloween ? Si il ne comptait pas attaquer cette année, il aurait plutôt essayé de se faire oublier, mais ce n’est pas le cas !. Mis à part ça, il y a quelque chose d’autre qui te tracasse ?”

 

            Là, Harry hésita. il repensa à tout ce qui le préoccupait : la médaille, le rêve qu’il avait fait, où était Voldemort en ce moment et, si Dumbledore était réellement son arrière-grand-père, ou pas !

 

            “- Non ! mentit-il.

 

             - Hum ! Harry, tu ferais bien de retourner dans la tour de Gryffondor ! remarqua Dumbledore, en se levant. Tes amis vont finir par s’inquiéter !

 

             - Oui, j’vais y aller ! assura Harry, en se relevant à son tour.

 

             - Harry, une dernière chose, tu ne dois pas t’inquiéter d’éventuels effets étranges qui aurait pût, ou qui pourrai, se passer, maintenant que tu as cette médaille ! Alors, garde-la sur toi, d’accord ? ajouta-t-il en s’éloignant.

 

             - Oui !” promis Harry, alors qu’il arrivait à l’escalier de marbre.

 

            Si il avait été moins préoccupé, il aurait sans doute vu la personne qui l’observait, assise sur le socle d’une armure, près de la porte, puis qui se leva, avant de rejoindre le directeur de l’école.

 

            “- Eh, Harry ! lui cria Fred, quand il entra dans la Salle Commune. Une partie de bataille explosive, ça te dit ?

 

             - Hein ? Ah...! Euh...! Oui ! Pourquoi pas ? Mais avant, j’ai un truc à faire, je vous rejoint tout de suite !

 

             - D’accord ! On distribue déjà les cartes, alors !” annonça Ron, alors que Harry filait vers son dortoir.

 

            Là, il ressortit la petite boîte noire de sa valise, et récupéra la médaille, avant de rejoindre ses amis dans la Salle Commune.

 

 

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